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Liban : formation d’un nouveau gouvernement après plus d’un an d’attente

Après l’explosion du port de Beyrouth en été 2020 qui coûta la vie à des centaines de personnes, l’annonce de la démission de l’ex Premier ministre Hassan Diab laissa le Liban sans gouvernance durant plus d’un an.

Vendredi dernier, le pays qui traverse la plus grande crise économique de son histoire s’est doté d’un cabinet à la suite de plusieurs tentatives de formations ratées qui étaient menées par l’ex Premier ministre sortant Saad Hariri. Son successeur, le Premier ministre désigné Najib Mikati met enfin sur pied un cabinet composé de 24 ministres. La tâche n’était pas facile, car le Liban essuie une grande crise politique qui crée des divisions stériles et bloquait jusqu’à maintenant toute formation.

Composition du nouveau cabinet

Suite au refus de l’élite politique qui se partage le pouvoir depuis 30 ans de laisser sa place à un cabinet à l’exécutif réduit et indépendant, cette nouvelle équipe composée de personnalités politiques et apolitiques ne laisse pas de marbre. À l’image de Firas Abiad, ministre de la Santé anciennement directeur du plus grand hôpital de Beyrouth, ou même de Georges Kordahi, ministre de l’Information, ex-présentateur emblématique de la version libanaise de « Qui veut gagner des millions. »

Malgré l’annonce de cette formation tant attendue, l’opinion publique reste assez mitigée. Une grande partie du peuple attendait un gouvernement en rupture avec la classe politique actuelle, loin des accusations de corruptions et d’incompétences. Un adage populaire circule et reflète cette attente : « ceux qui nous ont tués ne peuvent pas nous guérir. »

Succession de crises

Le Liban traverse depuis 2019 une triple crise qui n’a cessé de s’aggraver depuis le vide gouvernemental de la dernière année. Crise économique et financière, due principalement à la faillite du système bancaire, à la corruption et à une politique économique non-rentière ; crise politique, caractérisée par une élite qui règne sur le pays depuis la fin de la guerre civile et qui refuse de laisser son statu quo ; crise régionale, causée principalement par l’afflux de réfugiés syriens et, par la pression des pays étrangers contre la milice iranienne du Hezbollah implantée au Liban.

Notons aussi l’émergence inquiétante d’une crise humanitaire et sociale, quatrième crise émergente selon l’ONU, puisqu’environ 78% du peuple libanais vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. La livre libanaise a perdu 90% de sa valeur face aux dollars américains sur le marché noir. Les salaires ont donc perdu presque toute valeur, entrainant les Libanais dans un calvaire et les forçant à l’immigration massive.

Les défis à venir

Des enjeux considérables attendent ainsi ce nouveau gouvernement, notamment la nécessité de reprendre les pourparlers avec le Fonds Monétaire International (FMI) afin d’arrêter l’hyperinflation qui frappe le pays.

La formation de ce cabinet était pour la communauté internationale une étape primordiale pour sortir le Liban de la crise. Les pays alliés à l’instar de la France, de l’Égypte ou des États-Unis s’étaient contentés depuis l’explosion du port de Beyrouth de fournir une aide humanitaire aux Organisations Non Gouvernementales et non aux institutions officielles.

Afin d’élire une nouvelle classe dirigeante, ce gouvernement devra aussi mener à bien les préparations pour les prochaines élections législatives de mai 2022, dans le but de regagner la confiance de la communauté internationale et de l’opinion publique.

Sources :

https://www.lorientlejour.com/article/1274241/le-gouvernement-de-nagib-mikati-enfin-forme-apres-plus-dun-an-dattente.html

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/10/le-liban-se-dote-d-un-nouveau-gouvernement-apres-plus-d-un-an-d-attente_6094171_3210.html

https://www.ouest-france.fr/monde/liban/liban-formation-d-un-nouveau-gouvernement-apres-plus-d-un-an-d-attente-4359c9be-122b-11ec-b833-99ca1e7b742e

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