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Birmanie : dans le chaos de l’incertitude

Suite au coup d’État militaire survenu en février dernier, la Birmanie fait face à des heures sombres. Les tensions qui minaient le pays depuis les dernières décennies se sont accrues, brisant ainsi un équilibre fragile durement atteint. 

En 2010, sous une forte pression du peuple, le pays qui ne recense pas moins de 135 groupes ethniques avait réussi à accéder à un régime démocratique. Onze ans plus tard, un régime autoritaire a ressurgi, suite à la sédition de l’armée birmane contre le gouvernement en place.

Une démocratie éphémère

Depuis l’indépendance du pays en 1948, les conflits internes birmans n’ont fait que se succéder et s’enchainer. Sur fond de tensions politiques, ethniques et religieuses, les gouvernements successifs se sont battus contre une multitude de révoltes séparatistes et communistes. En 1962, le chef d’état-major de l’armée birmane, Ne Win, renverse le gouvernement en place et instaure durant vingt-six ans un régime militaire. Après le départ de Ne Win, le général Saw Maung écrase tout espoir d’un élan prédémocratique.

En 2011, après plus de cinquante ans de joug autoritaire, la junte militaire se démet de ses fonctions. Avant de se retirer, les militaires fondent le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD.) Le parti a ensuite gagné la majorité aux élections qui se sont déroulées pour la première fois en vingt ans.

Un coup d’État haut en couleur

En 2015, un vent de changement à soufflé en faveur de la LND : la Ligue Nationale pour la démocratie. Le parti est cofondé par Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et fille d’Aung San, indépendantiste assassiné. Aung San Suu Kyi, surnommée « Mère Suu », commence dès lors une transition démocratique qu’elle achève aux dernières élections de 2020. La LND remporte 82% des sièges parlementaires de la Chambre Basse et la plupart des sièges sénatoriaux de la Chambre haute. Le prix Nobel décroche ainsi la majorité absolue et devient cheffe du gouvernement.

Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD) soutenu par l’armée, accuse la LND de fraude électorale. Cette suspicion se transforme le 1er février 2020 en un coup d’État militaire dirigé par le général Min Aung Hlaing. Aung San Suu Kyi et le président Win Myint sont alors arrêtés et accusés de fraudes et de corruptions.

Le coup d’État a suscité de nombreuses réactions internationales. Le secrétaire général des Nation Unies a appelé à plusieurs reprises la junte birmane à « arrêté immédiatement la répression ».
Peu de temps plus tard, une vidéo du putsch militaire qui circulait sur les réseaux sociaux est devenue célèbre. On y voit une jeune femme entrain de filmer sa séance de sport, tandis que des véhicules blindés perpétraient le coup d’État.

Libération de plus de 5000 opposants : un vent nouveau ?

La semaine dernière, le général Min Aung Hlaing a annoncé la libération de plus de 5000 opposants emprisonnés au régime militaire. Depuis le coup d’État, l’armée mène une violente répression contre les opposants au régime. L’association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP), dénombre plus de 1100 civils tués et plus de 7000 détenus. L’association pointe du doigt des crimes commis à l’encontre des prisonniers, notamment des cas de tortures et de peines extrajudiciaires.

L’annonce de la libération des 5000 opposants survient à la suite de l’exclusion de la junte birmane de l’ASEAN. En effet, le sommet annuel des pays de l’Asie du Sud-Est compte inviter cette année une « personnalité birmane non-politique ». Les putschistes souhaitent aussi gracier ses opposants à l’occasion de la fête bouddhiste de de Thadingyut, dans un contexte tendu et un isolement international qui ne fait que s’accroitre. 

L’ex-dirigeante, Aung San Suu Kyi encoure de longues années de prison. Elle est accusée de corruption par les militaires. Pour le moment, son procès est tenu loin des médias et des yeux de la communauté internationale.

Sources :

https://www.ouest-france.fr/monde/birmanie/la-birmanie-va-liberer-5-600-opposants-au-coup-d-etat-emprisonnes-4afedc8e-2fe2-11ec-b653-4cec8da29c4d

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/18/en-birmanie-le-chef-de-la-junte-annonce-la-liberation-de-plus-de-5-000-manifestants-emprisonnes-depuis-le-coup-d-etat_6098786_3210.html

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